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Avant le début ou la genèse d’une généalogie

19 juillet, 2009

La maison était agitée comme une ruche qui se prépare à l’envol nuptial de sa reine. Cela faisait plusieurs mois maintenant que Papilou et Mamilou préparaient l’événement, sans se ménager. Les volets, les portes, les murs, la pelouse, l’aménagement de la cuisine d’été, et bien d’autres choses encore avaient été entièrement refaits, depuis plusieurs mois, par Papilou. Son perfectionnisme avait été à l’oeuvre lui aussi … jusqu’à la veille. Il devait arriver ce qui arriva : Papilou se blessa au pied. Je redoutais tellement qu’il ne puisse profiter de la fête. Mais lui aussi, est plein de ressort : c’est un FICOT ! Et puis le jour J arriva ; puis l’heure H ; puis la minute M ; puis la seconde S.  Toute la famille était maintenant réunie.

Nous fêtions les noces d’Or de René et Marie-Louise.

Papilou et Mamilou.

Mon père et ma mère.

En ce samedi 23 août 2008, le soleil dardait, avec caprice mais assez de conviction, la chaleur de ses rayons. Les fleurs de Mamilou chatoyaient comme des milliers de figurants multicolores dans les bordures, les potées, les rebords de fenêtre. Les tonnelles étaient installées tout autour de la maison et créaient autant de lieux de rencontrse intimes. Le babyfoot, quant à lui, avait pris place dans le garage, et les garçons (les cousins, Camille, Simon, Matthieu, Benoît et aussi quelques papas comme Christophe, Guillaume, Julien, Thierry, Alain, Philippe…) mais aussi les filles comme Mélie, Solenn, Juliette, Céline, Valérie … lui faisaient déjà subir soubresauts, secousses et poussées dont il se remettrait certainement plus tard, lorsque le camion le ramènerait à l’agence de location.

Cette magnifique journée nous permit de revoir les cousins, cousines, frères et soeurs éloignés par la vie de chacun. Le Nord Pas-de-Calais, le Canada, la Drôme Provençale, et la Bretagne avec nous, se réunissaient enfin à Orry-la-Ville, dont le point central était Papilou et Mamilou ; Papounet et Maman devrais-je dire.

Sans m’en rendre compte , un changement symbolique s’opérait au sein de la famille. Que vous étiez beaux tous les deux ! et ton discours … que d’émotion pour nous tous …
Le décès quelques mois plus tard de Jacqueline, ta soeur et aînée de la famille Dupont-Ficot te placera, mon cher père comme le Patriarche de la famille. Cette réalité s’imposa à moi, et je pris conscience de ta nouvelle importance, au sein de la famille entière cette fois, et non plus seulement vis à vis de ma famille immédiate (ma mère et mes 3 soeurs) mais de toutes les branches de l’arbre généalogique.

Et ce fut cette prise de conscience, avec la perte de la mémoire familiale que représentait le décès de « maTanteJacqueline« , comme on disait, qui entraîna le besoin de collecter et sauvegarder vos souvenirs pour créer l’histoire de notre famille, c’est à dire en assurer la pérénité, pour mes enfants, petits-enfants et tous ceux de la famille proche et éloignée, tous les curieux et assoifés de savoirs souhaitant connaître un pan de ces petites histoires personnelles qui se trouvent en plein coeur des tumultes de la grande Histoire avec un grand « H ».